Temu accusé de tromperie par des associations européennes

Une plateforme d’e-commerce dans le viseur des associations de consommateurs

La colère monte contre Temu. Une vingtaine d’associations européennes de défense des consommateurs, dont UFC Que Choisir en France, ont porté plainte contre la plateforme chinoise d’e-commerce, qu’elles accusent de manipuler les internautes et de violer plusieurs dispositions du règlement de l’Union européenne sur les services numériques (DSA).

Temu, plateforme montante de l’e-commerce, est aujourd’hui au cœur d’une tempête. Accusée de tromperie par des associations de consommateurs européennes, dont UFC Que Choisir, elle se voit reprocher de nombreuses infractions. La directrice générale du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), Monique Goyens, dénonce des pratiques commerciales douteuses visant à inciter les consommateurs à dépenser plus sur la plateforme.

Une plateforme trompeuse

Temu est accusée d’utiliser des « interfaces trompeuses ». Selon Monique Goyens, les utilisateurs se voient proposer des versions plus chères des produits qu’ils ont initialement sélectionnés. Pour couronner le tout, fermer un compte sur Temu ressemble à un véritable parcours du combattant.

La plateforme chinoise, qui a débarqué en Europe il y a tout juste un an, rencontre un succès fulgurant avec 75 millions d’utilisateurs mensuels. Elle vend des produits variés, des cosmétiques aux jouets en passant par des ustensiles de cuisine, souvent à des prix défiant toute concurrence.

Une explosion de plaintes

Depuis février, le règlement européen sur les services numériques (DSA) impose de nouvelles obligations aux plateformes pour protéger les consommateurs. Il interdit notamment les interfaces trompeuses et impose une plus grande transparence sur les algorithmes de ciblage des internautes. Selon le BEUC, Temu omet souvent de fournir des informations cruciales sur les vendeurs des produits, ne permettant pas ainsi de vérifier si les produits répondent aux exigences de sécurité de l’UE.

En octobre dernier, l’association italienne Altroconsumo a testé 13 produits cosmétiques vendus sur Temu. Le verdict a été sans appel : neuf d’entre eux ne précisaient pas, ou seulement partiellement, la liste des ingrédients. Début 2024, la fédération allemande des organisations de consommateurs (VZBV) a accusé Temu d’afficher des avis trompeurs et d’induire les consommateurs en erreur sur l’affichage des réductions de prix. Bien que Temu ait apporté des modifications, celles-ci ne sont pour l’instant appliquées qu’au marché allemand.

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Enquête sur des pratiques trompeuses

Temu est également critiquée par les associations de défense de l’environnement, qui l’accusent de pousser à la surconsommation et de vendre des produits de piètre qualité, dont les conditions de fabrication restent floues. En mai 2023, Temu commence à faire face à des accusations graves aux États-Unis concernant l’exploitation des données personnelles de ses clients et l’utilisation de logiciels espions. Elle est également accusée de recourir à de la main-d’œuvre forcée ouïghoure.

En France, où la plateforme est implantée depuis avril 2022, l’application fait l’objet d’une enquête de la répression des fraudes. En octobre, une étude de l’association belge Test-achats a analysé 28 produits vendus par Temu, révélant une mauvaise qualité des articles, des problèmes de non-conformité et des délais de remboursement trop longs.

Un modèle économique en question

Le succès rapide de Temu repose sur un modèle économique innovant. La plateforme propose à des fournisseurs basés en Chine de vendre et d’expédier leurs produits directement aux clients, sans passer par des entrepôts intermédiaires. Cela permet à Temu de réduire ses coûts de manière significative et de proposer des prix très compétitifs.

Cependant, ce modèle soulève des questions sur la transparence et la sécurité des produits vendus. Temu propose souvent des produits sans marque associée, à des prix d’autant plus attractifs. Par exemple, un bracelet à 0,95 centime ou un aspirateur à 14 euros. L’utilisateur peut également se divertir grâce à des jeux en ligne permettant de gagner certains produits gratuitement, créant ainsi un engagement ludique et commercial.

Un avenir incertain

La montée en puissance de Temu dans le paysage de l’e-commerce est indéniable, mais elle s’accompagne de nombreuses controverses. La plateforme doit désormais faire face à des accusations graves qui pourraient entacher sa réputation et impacter son expansion en Europe.

Les associations de consommateurs et les autorités de régulation européenne surveillent de près l’évolution de cette affaire. La conformité de Temu aux régulations du DSA est une condition sine qua non pour son maintien sur le marché européen.

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Conclusion

Alors que Temu continue d’attirer des millions d’utilisateurs grâce à ses prix bas et sa large gamme de produits, les accusations portées contre elle par les associations de consommateurs européennes mettent en lumière des pratiques commerciales controversées. La plateforme devra apporter des changements significatifs pour se conformer aux régulations européennes et regagner la confiance des consommateurs. L’avenir de Temu en Europe dépendra de sa capacité à répondre à ces défis et à prouver son engagement envers des pratiques éthiques et transparentes.

Cet article a été rédigé avec un ton léger et moderne pour informer le public sur la situation actuelle de Temu, en mettant en lumière les défis auxquels la plateforme fait face et les attentes des consommateurs européens.

FAQ

Quelles sont les principales accusations portées contre Temu par les associations de consommateurs européennes ?

Les associations de consommateurs européennes, dont UFC Que Choisir en France, accusent Temu de manipuler les internautes avec des interfaces trompeuses qui incitent à dépenser plus sur la plateforme. Elles dénoncent également des violations du règlement de l’Union Européenne sur les services numériques (DSA), notamment en matière de transparence et de sécurité des produits.

Pourquoi Temu est-elle considérée comme une plateforme trompeuse ?

Selon les associations de consommateurs, Temu utilise des interfaces qui proposent des versions plus chères des produits sélectionnés par les consommateurs et rend le processus de clôture de compte particulièrement difficile. De plus, la plateforme omet souvent de fournir des informations cruciales sur les vendeurs et les produits, ce qui est contraire aux exigences du DSA.

Quelles actions ont été entreprises contre Temu par les associations de consommateurs ?

Les associations de consommateurs ont déposé une plainte auprès de la Commission européenne et des autorités nationales compétentes. Des tests et enquêtes réalisés par des associations comme Altroconsumo en Italie et la fédération allemande des organisations de consommateurs (VZBV) ont révélé des pratiques trompeuses concernant les avis produits et les réductions de prix. Temu a été contraint de modifier certaines pratiques, mais ces changements restent limités à certains marchés comme l’Allemagne.

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Quels sont les produits concernés par les accusations de tromperie sur Temu ?

Des produits de grande consommation tels que des cosmétiques, des jouets, des vêtements et des ustensiles de cuisine sont concernés. Par exemple, une enquête d’Altroconsumo a révélé que neuf produits cosmétiques sur treize testés ne mentionnaient pas clairement la liste des ingrédients.

### Comment Temu réagit-elle face à ces accusations ?

Temu a déjà apporté certaines modifications à ses pratiques commerciales suite aux plaintes, notamment en Allemagne. Cependant, les critiques persistent, notamment sur la qualité des produits, la transparence des informations fournies aux consommateurs et le respect des obligations du DSA. Les associations de consommateurs continuent de demander une action plus ferme des autorités pour forcer Temu à se conformer pleinement aux réglementations européennes.

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